Amour Turc

•octobre 5, 2007 • Laisser un commentaire
Haci Bektas

Haci Bektas

Lors du précédent journal je vous ai parlé d’Atatürk, le père de la nation turque. Mais il y a bien d’autres personnages qui ont assure à la Turquie un rayonnement planétaire. Tout commence par le mythique déluge. C’est sur le mont Ararat (aujourd’hui appelé Ashri Dashi) que Noé échoua avec son arche. Parmi les autres personnages bibliques, la Turquie a vu la naissance de nombreux d’entre eux. Nous pouvons citer le patriarche Abraham qui naquit dans la ville de Ur nommé aujourd’hui Shanli Urfa ; c’est à Tarsus que naquit Saint Paul tandis que Saint Nicolas, plus connu sous le nom de Santa Claus ou Père Noël est né à Patara. C’est à Antakya (autrefois Antioche) que Saint Pierre, Saint Paul et Barnabé prêchèrent pour la premi;ère fois et que les disciples de Jésus prirent l’appellation de Chrétien. Enfin, selon les historiens, c’est aussi sur ces terres que serait situé le jardin d’Eden. Cote antiquité, c’est à Izmir que naquit le plus grand écrivain grec de cette période, c’est à dire Homère. Un voyage en Turquie, c’est un voyage dans le temps et une redécouverte de la Bible. Assez étrange pour ce pays aujourd’hui profondément musulman.
Outre cette richesse biblique, j’ai découvert au cours de ce voyage que les turcs sont très fiers de trois autres personnages qui vécurent au 13ieme siècle. Le premier d’entre eux est Haci Bektashi; Veli. Philosophe, il se fit le défenseur des valeurs de la femme, honora leur statut dans la société et les encouragea a s’instruire. De sa pensée, fonde sur la raison, l’amour, le respect et l’égalité est ne la branche musulmane des Bektashi;, aujourd’hui; majoritaire en Albanie.

Le Museum Mevtlana

Le Museum Mevtlana à Konya

Le deuxième personnage très présent dans le coeur des turcs est un autre philosophe. Il s’agit de Mevlana Celaddin Rumi, plus communément appelé Mevlana. Il fonda l’ordre des Soufis, plus connu sous le nom des derviches tourneurs. Il symbolise l’idéal de tolérance de la société turque. Atatürk, exprime la pense de Mevlana dans sa devise : “Paix dans le pays, paix dans le monde”. Dernier personnage qui fait la fierté du peuple Turc est Yunu Emre. Grand poète, il fut honore en 1991 quand l’UNESCO lui dédia cette année dite “Année de tolérance”. Ses poésies porteuses d’amour et d’humanité on fait le tour de la planète.
Vous l’avez compris, j’aime beaucoup ce pays. Outre sa culture, son passé, c’est ce qu’il en est aujourd’hui qui me fascine. İstanbul l’enchanteresse, Konya la spirituelle ou encore Antalya la méditerranéenne sont des villes qui m’ont touchées. Les cheminées de fées de la Cappadoce, les reflets colorés du lac de Beysehir, ou la cote découpée en dentelle du sud sont des paysages saisissants de beautés. Et enfin ce peuple, accueillant, chaleureux et tolérant, digne de la pense de Mevlana. Difficile de ne pas succomber a tous ces charmes.
Je terminerai ce journal par cette écriture de ce bon Mevlana dont devrait peut être s’inspirer certaines personnes aux mains pleines de pouvoirs :
“Je l’ai cherche sur la croix, mais il n’était pas la ; j’ai été au temple des Hindous et dans les vieilles pagodes, mais je n’ai trouvé nulle part trace de lui.
J’ai cherché sur les montagnes et dans les vallées mais je n’ai pu le trouver ni sur les hauteurs ni dans les profondeurs. Je suis allé à la Mecque mais il n’y était pas non plus.
J’ai interrogé savants et philosophes, mais il était au-delà de leurs connaissances.
Alors j’ai scruté mon coeur et j’ai vu que c’était la qu’il habitait. Il ne pouvait être nulle part ailleurs.”

Dernier jour à Antalya

Dernier jour à Antalya

Sacré Atatürk

•septembre 20, 2007 • Laisser un commentaire
Grande toile du père de la nation à Ankara

Grande toile du père de la nation à Ankara

Lorsque l’on se promène en Turquie il est impossible d’échapper à une photographie, un buste ou une statue de Mustafa Kemal Atatürk. Aussi, pour bien comprendre le pourquoi de cette dévotion, il est indispensable de se plonger dans l’histoire récente de la Turquie. Fondateur et premier président de la République turque en 1924, Atatürk (Mustafa Kemal) a été l’un des premiers chefs d’État à comprendre la nécessaire occidentalisation des pays musulmans. A partir de son élection et jusqu’à sa mort en 1939, Atatürk n’a d’autre but que libérer la Turquie et ses habitants de leurs entraves séculaires et les amener à un niveau avancé de civilisation matérielle, sociale et intellectuelle. Pour cela, il rompt nettement avec le passé, heurte les traditions, choque même les esprits et bouleverse les conceptions. Ce sont d’abord les lois sur l’abolition du califat et de la polygamie. Au niveau religion, c’est la suppression des tribunaux, des écoles et des ordres religieux ainsi que l’interdiction du port du fez. Plus tard, sont ajoutés l’appel à la prière et la lecture du Coran en turc (et non plus en arabe).En matière juridique, la modernisation a été marquée par l’adoption de nouveaux codes civil, criminel et commercial, établis d’après les codes suisse, italien et allemand ainsi que l’obligation du mariage civil. De même l’adoption de noms de famille est imposée à tous les turcs. Le parlement décernera à Mustafa Kemal celui d’Atatürk, que l’on peut traduire soit par le « Turc vénéré », soit par le « Père de la Turquie nouvelle ».
En matière d’instruction publique, c’est le passage de l’alphabet arabe à l’alphabet latin qui a constitué une révolution. Sur le plan politique, les femmes ont obtenu le droit de vote en 1934 (en France le droit de vote aux femmes à été promulgué en 1944).
Atatürk a été incontestablement l’un des hommes politiques les plus prestigieux de la période d’entre les deux guerres. Une politique basée sur les six principes suivants : républicanisme, nationalisme, populisme, étatisme, laïcisme et révolutionnarisme ont pu mener la Turquie à son niveau économique et social actuel. Certains ont pu accuser Mustafa Kemal d’avoir imposé une dictature à la Turquie ; en fait, sa personnalité a largement dominé un régime de type présidentiel. Il a su en outre acquérir l’adhésion de la population, consciente des progrès de la Turquie. Mort trop tôt, il n’a pu mener à terme toutes les réformes projetées. Après la Seconde Guerre mondiale, certains leaders du monde musulman se sont inspirés de son exemple, montrant par là qu’il avait été un précurseur. Pour les Turcs, il est celui qu’ils ont appelé, après sa mort, le « Chef éternel ».

Instant magique à Gorëme

•septembre 8, 2007 • Laisser un commentaire
Les montgolfières de Gorëme

Les montgolfières de Gorëme

Il est 6h. Je me réveille en douceur. Lentement je m’assois et ouvre la tente. Le ciel est couleur orange virant au jaune. Pas un nuage. Juste de nombreuses taches rondes multicolores rompent l’uniformité de la toile. Les cheminées de fées de ton ocre la découpent de façon irrégulière.

La vie s’écoule paisiblement. Je me lève pour mieux admirer le spectacle. C’est géant. Je reste observateur de ces montgolfières qui se déplacent au dessus des vallées rouge et rose au rythme d’un escargot épuisé. Je ne peux m’empêcher de les compter. 16 ! Non 18 ! Ah non ! 22, 24 ! Ce sont finalement 26 ballons qui crèvent le ciel. Il me faudra attendre quelques minutes pour pouvoir me détacher de mon poste d’observation. La magie de l’instant m’a totalement hypnotisé. C’était très beau.

Les cheminées de fée

Les cheminées de fée

Istanbul ! Merveilleuse Istanbul !

•août 28, 2007 • Laisser un commentaire
La mosquée "Yeni Camii"

La mosquée "Yéni Camii"

Nous y sommes ! Istanbul ; Istanbul. Seule ville au monde construite sur deux continents : l’Europe et l’Asie. Ville à la fois mythique et contemporaine, elle fut le lieu de résidence des sultans de l’empire Ottoman. C’est un musée à ciel ouvert avec ses monuments historiques érigés sous ces puissants hommes comme Soliman le Magnifique.

Les épices du Bazaar

Les épices du grand Bazaar

Une promenade dans le vieux quartier de Sultanhamet donne le ton de la vie de la rive européenne que le Bosphore sépare de l’Anatolie. Les odeurs épicées du bazaar égyptien, les couleurs vivent du grand bazaar, les chants émanant des minarets des nombreuses mosquées nous emmènent dans un monde différent de ceux que nous avons traversés jusqu’à maintenant. Je suis ailleurs. La vie est intense mais pas étouffante. Les bazaars sont de véritables ruches. Pourtant j’y suis bien. L’air ne m’y manque pas. Les senteurs enivrent les narines. A droite, a gauche, devant, derrière, il y en a partout. C’est un lieu formidable de vie. C’est un zouk moderne très propre à la fois similaire et très différents des zouks marocains.

Le bazaar Egyptien

Le bazaar Egyptien

Je pourrais parler d’Istanbul pendant des dizaines de lignes tellement il y a de choses a dire. D’abord appelé Byzance, puis Constantinople en 330 sous l’empereur romain Constantin, elle prit le nom définitif d’Istanbul en 1453 lorsque les Turcs commandés par Mehmet II s’emparèrent de la ville. Les différents monuments comme la citerne des Justiniens, Hiagia Sophia, la mosquée bleue ou le Topkapi Palace témoignent de ces différentes époques liés à l’histoire de cette ville exceptionnelle. Mais pour cela, de nombreux livres parlent déjà très bien de cette belle histoire. Alors je vais juste vous parler de l’accueil que nous avons eut depuis notre arrivée en Turquie. Tout d’abord il ne s’est pas passer une seule journée sans qu’on nous invite à prendre un thé, une limonade (une vrai) ou un yaourt à boire. C’est exceptionnel comme accueil. Certains nous interpellent au bord de la route, d’autres nous font juste un petit signe. Si l’on s’arrête demander notre chemin, on se retrouve forcément assis deux minutes plus tard assis à une table à prendre notre boisson et discuter avec nos ôtes. Une halte de cinq minutes se transforme systématiquement en un arrêt d’une heure voir plus. Le plus extraordinaire, fut notre halte dans un petit village à environ 80 Km d’Istanbul. Nous nous étions arrêtés pour passer juste un coup de fil, et finalement nous y sommes restés 4 heures.

D'accord ! Ce n'est pas du thé..

D'accord ! Ce n'est pas du thé..

Deux Turcs nous ont offert du thé, une heure d’Internet, de l’eau fraîche et surtout un repas dans un petit büfe (sorte de restaurant de rue) où nous avons pu apprécier le talent du cuistot et la saveur des excellents börek (voir vidéo). Même à Istanbul, dans un autre büfe, deux jeunes turcs assis a coté de nous et avec qui nous avions discuté nous ont offert le repas. C’est assez incroyable ! Toujours à Istanbul, nous avons même été logés pendant deux jours chez Fouat, le directeur de l’information de la chaine télé Show TV. Fouat parle un peu français et j’ai appris beaucoup de choses sur la Turquie et les turcs. Très très intéressant. Voilà ! En un mot, la Turquie est un pays qui pour l’instant me plait beaucoup et qu’Istanbul est une ville à voir. A ne pas manquer. On n’y a pas de sentiment d’insécurité malgré ces douze millions d’habitants.

La fontaine de Justinien

La fontaine de Justinien

Il faut dire que la police est omniprésente aussi. Et si vous y venez, ne manqué l’expérience d’un rasage de près chez le barbier. Un véritable instant de bonheur garanti. Je vous l’assure. Ah oui ! Un mot sur la circulation à Istanbul. J’ai souvent lu que la circulation y était très dangereuse pour les cyclistes. Il faut effectivement faire attention. Mais cela n’est pas pire que beaucoup d’autres grandes villes européennes. Je pense en particulier à Rome ou Naples. Ici pas de scooters qui déboulent dans tous les sens. Puis, pour ceux qui ont déjà circulé dans Dakar ou Accra en vélo, ils trouveront Istanbul plutôt tranquille

De Rila à Nessebar

•août 12, 2007 • Laisser un commentaire
Monastère de Rila

Monastère de Rila

Notre séjour Bulgare a commencé par une visite d’un des hauts lieux touristiques de la Bulgarie, le monastère de Rila. Il est aujourd’hui considéré comme le Jérusalem Bulgare. Durant l’occupation Ottomane du 14ième au 19ième siècle, il est resté le lieu spirituel de l’église orthodoxe en Bulgarie. Fondé vers l’an 900 par Jean de Rila, le statut et l’office religieux du couvent de Rila deviennent un modèle pour tous les monastères en terre Bulgare.

L'église

L'église

Toujours habités, il est un foyer spirituel pour les moines, les hommes de lettres, les chantres, les peintres d’icônes, les sculpteurs sur bois et mêmes les professeurs cherchant un peu de repos. Les différentes peintures datant du 18ième et 9ième siècle, témoignent de la richesse artistique de cette époque là pour la Bulgarie. La visite de ce lieu est incontestablement un endroit à ne pas manquer lors d’un séjour dans les Balkans, je vous le garanti. L’endroit est paisible et plein de charme.

Peintures des murs

Peintures des murs

Après une longue hésitation et en fonction des informations que nous avons pu récoltés, nous avons décidé de ne pas nous rendre à Sofia, mais plutôt de prendre la direction de Plovdiv. De nombreuses petites villes sur notre chemin sans charmes. Ce qui n’est pas le cas des filles Bulgares. De nombreuses jolies filles. Eh oui ! Les « on-dit » sur les filles de l’Est est bien vrai. Elles sont vraiment jolies. Mais revenons aux villes. Je disais donc sans charme, mais très souvent avec un petit centre piéton aux nombreux cafés où les bulgares viennent se rafraîchir à longueur de journée. Des petites places ombragées, des fontaines où les piétons viennent à tour de rôles happés une gorgée d’eau fraîche, meublent l’ensemble. A propos de café, il faut que je vous raconte une petite anecdote concernant notre ignorance de ce pays. La Bulgarie faisant partie de l’UE, nous étions persuadé que l’Euro en était la monnaie officielle. Quand une serveuse nous apporte l’addition de notre consommation, nous trouvâmes la note de 3€ correcte pour deux Ice-tea. Nous payons donc en donnant un billet de 5€. La serveuse gênée, s’en va dans un bureau de change à proximité café, et nous rendit la monnaie. Nous firent une drôle de tête car le billet était inconnu : 2 Lev. « Mais qu’est ce donc ? ». La monnaie bulgare nous répondit la serveuse. « Ah bon ! ». Puis elle revient un peu plus tard et nous donna 4 Lev de plus en précisant qu’elle s’était trompée. Je me dis qu’en fait, pour l’instant ils ont la double monnaie pour que les gens s’adaptent doucement à l’Euro, comme ce fut le cas en France en 2000. Mais en fait, nous l’apprendrons un peu plus tard par une très jolie étudiante bulgare qui fait ces études de pharmacie à Montpellier, le Lev est la seule monnaie officielle en Bulgarie.

Les charettes

Les charettes

Sinon, les premières impressions de la Bulgarie sont assez sympas. Des gens serviables et un pays tout de même assez pauvre malgré son accession à l’UE. Sur la route, encore de nombreuses charrettes tirées par des chevaux coiffés d’un pompon rouge guidé par un chauffeur habillé parfois de haillons. Dans les champs, de nombreux ouvriers agricoles venant certainement de Turquie pour récolter les fruits et légumes. Les paysages sont un peu moins jolis qu’en Macédoine ou qu’en Albanie, mais reste beaux à voir, surtout le long des rivières claires dégringolant des montagnes.

Ruelle pietonne de Plovdiv

Ruelle pietonne de Plovdiv

Aujourd’hui, c’est une petite visite de Plovdiv, où nous prenons une journée de repos pour fêter notre 3000ième Km. Plovdiv, deuxième ville du pays avec ses presque 400 000 âmes et un centre ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ensuite, ce sera la visite de Nessebar, ville sur les bords de la mer noire, haut lieu touristique de la Bulgarie. Edifiée sur une petite presqu’ile, Nessebar était un passage obligé pour rejoindre la royaume de Jérusalem au temps de l’empire Romain.

Nessebar

Nessebar

Belle Albanie

•août 1, 2007 • Laisser un commentaire
 
Berat
Berat

Un jour dans une rue de Bari, un vieil Italien me demanda où je comptais aller avec mon vélo. Je lui ai répondu le plus simplement du monde que je me rendais en Albanie pour voir un peu les Balkans. Ma réponse ne l’étonna qu’à moitié. Me regardant d’un air inquiet en pinçant sa bouche, il me dit ceci : « Albania Bella ! Ma Albenese, non bono ». Après six jours je confirme sa première information et infirme sa deuxième. En ce qui concerne le pays, le premier jour, du port de Durres jusqu’à Bérat, nous dévoila des paysages fades et sans intérêts. Une route côtière où les hôtels poussent comme des champignons, comme si l’Albanie s’était lancé dans une course effrénée avec la Croatie pour attirer les touristes aux bourses pleines sur les bords de l’Adriatique. Hélas, nombreuses de ses constructions sont stoppées et laisser en plan au bord des routes, ne servant que de perchoir a divers oiseaux. Ce n’est qu’en arrivant sur Bérat, que nous pûmes apercevoir enfin le début des Balkans et une ville chargée d’histoire.

Panorama dans les Balkans

Panorama dans les Balkans

En se promenant sur la rue principale du centre on se serait cru sur les champs Elysée un soir de Juillet 1998. Beaucoup de monde était présent et profitaient de la fraîcheur de la soirée. Nous y avons également trouvé un petit restaurant sympa où nous avons pu apprécier la gentillesse des albanais et aussi un petit repas composé de plats traditionnels. Le second jour, nous attaquâmes les Balkans. C’est encore sous une chaleur que nous gravîmes les premières pentes et pénétrâmes dans le cœur de l’Albanie. Pour l’instant des villages sans beauté et sans âmes. En revanche les panoramas sont superbes et les albanais toujours aussi aimables.

A Polican, alors que nous nous rafraîchissions à une fontaine, Marcelo, une jeune Albanais nous invita à boire un verre avec lui qu’il nous offrit à la terrasse d’un café. Le lendemain, alors que nous nous étions mis dans une galère sans nom (pour ne pas dire un bousier), Sadik, un fermier, nous soulagea de notre calvaire le temps d’une nuit lorsqu’il nous croisa à bout de force, perdu dans une montagne à pousser nos vélos sur un chemin caillouteux qui ne cessait de grimper (Remarquez, si l’on se réfère à la sémantique française, ce n’est pas banal d’être soulagé et recueillit par un Sadik). Après nous avoir offert un bon goûter, je parti a la découverte de son humble propriété. Promenade au milieu de sa vigne, de son potager et surtout de ses ruches. Nous ramassâmes un peu de miel pour le soir. C’était génial de le voir manipuler ses panneaux de cire et de miel au milieu de toutes ses abeilles. Chaque geste est mesuré. Pas de mouvements brusques.

Avec Sadik

Avec Sadik

Ensuite Sadik m’emmena à une séance de dégustation des produits maisons. Du vin et surtout du Raki, une eau de vie de raisin typiquement albanaise. Le Raki est fait par lui alors que le vin est fabriqué par son épouse. Un vrai bonheur. Manque juste une bonne compréhension de la langue albanaise car c’est avec deux mots d’anglais, d’italien et d’allemand que nous réussîmes une courte discussion.

C’est dommage car il y a beaucoup de choses à apprendre d’eux, surtout qu’ils aiment beaucoup discuter. Mais nous y restons que quelques jours, car ce pays, qui offre une des plus grandes homogénéités ethnique du monde (96% de la population est de souche albanaise), ne mesure que 360 km du nord au sud et 145 de l’est à l’Ouest.

C’est à Korçë, que notre séjour albanais pris fin, pour rejoindre la Macédoine via la Grèce. Une semaine, cela n’est pas assez pour apprendre une langue aussi particulière que l’Albanais. Mais suffisamment pour y découvrir les plats traditionnels et surtout apprécier ces gens si sympas, pratiquant une religion musulmane très différente des autres pays où l’islam est la principale religion. Ici, les mosquées sont simples et je n’ai pas vu une seule femme porter le voile.

 

Sur les pistes

Sur les pistes

Les Pouilles

•juillet 24, 2007 • Laisser un commentaire
Locorotondo

Locorotondo

Ca y est ! Nous quittons l’Italie. Après avoir découvert une Italie sale au départ, cela c’est bien arrangé par la suite. Des que nous sommes rentré a l’intérieur de la Campanie et surtout le Basilicate, les routes et les villes se font fait plus belles et plus propres. Même Bari, qui est pourtant un gros port, est très propre.

Les Pouilles est une région très différente du Basilicate. Néamoins, certains villages, comme celui de Locortondo, aux maisons blanches, aux ruelles etroites et ombragées, sont très agréables. Autre village valant un détour est celui d’Alberobello. Les “Trulli” en sont l’attraction. Maisons de pierre aux toits hauts et coniques décorés de symboles, c’est sans doute la grande curiosité de cette région du sud de l’Italie. Chaque symbole peint est significatif d’une croyance !

Alberobello et Matera, sont les deux villages les plus curieux que nous ayons traversé. Comme vous l’aurez compris au travers du précédent carnet, Matera reste pour moi le moment fort de ces 25 jours à me promener sur les terres du Mezziogiorno. Maintenant direction l’Albanie, un autre monde à découvrir…

Les toits d'Alberobello

Les toits d'Aberobello

 

Belissima Matera

•juillet 19, 2007 • Laisser un commentaire
 
Village du Basilicate
Village du Basilicate

Depuis Potenza, nous avons continué notre promenade dans cette belle région du Basilicate que nous n’avons toujours pas quittée. Au programme toujours des cols et donc de très beaux panoramas. De plus, l’ensemble est très propre, ce qui change de ce que nous avons pu constater sur la cote de la Campanie ou du Lazio.

Les villages des montagnes se ressemblent tous mais on ne s’en lasse pas. Que ce soit Abiola, Chirico Rapano, San Marino d’Agri, Castelgrande, etc…Ils ont tous leurs charmes perchés sur leur piton rocheux. Mais il y a tout de même une ville a part. “MATERA”

San-Martino-d'Agri
San-Martino-d’Agri

 Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, je suis tombé sous le charme en me baladant dans les rues enchevêtrées des Sassi. Il y règne la paix. Flâner dans ces ruelles est un gage d’apport en sérénité. On ne se croirait pas en Italie. Certains disent que cela ressemble à un village de Palestine. C’est sans doute pour cette raison que Mel Gibson est venu tourner son film la passion du Christ. Les Sassi sont en fait des maisons creusées dans la pierre. Tout un quartier est constitué de ces maisons si particulières.

 

Matera la nuit

Matera la nuit

Mais ce sont surtout de nombreuses églises rupestres que j’ai visitées. Elles sont si particulières. Rien à voir avec les énormes églises édifiées quelques siècles plus tard. Juste quelques fresques à moitié effacées résistent aux ravages du temps et surtout de nombreux imbéciles qui ont le don de me mettre en colère par moment. Des groupes de touristes Néerlandais rentrent dans ces églises et se mettent à photographier (pire que des japonais) les fresques en leur balançant des flashes puissant sur ces peintures fragilisées. Pourtant, partout, des panneaux précisent bien l’interdiction de filmer et photographier. Hélas, l’égoïsme l’emporte sur l’intelligence et le respect. Heureusement, il suffit de ressortir et au bout de quelques instants la magie des ruelles me tranquillisent en nouveau.

Eglises troglodites

Eglises troglodites

Comme vous le comprenez, je suis fasciné par cet endroit, et si un jour vous devez venir dans le Basilicate, ne manquez pas ce lieu. Ne manquait pas non plus de discuter avec les gens de cette région. Ils sont adorables. Il est regrettable pour moi de ne pas maitriser l’Italien car je suis persuadé qu’on en apprendrait beaucoup. D’autres villages ont d’autres particularités. Le village de Bernalda est construit entièrement de maisons blanches basses aux ruelles larges et ensoleillées. Ce qui est tout a fait a l’opposé des autres villages. Un peu comme un style arabe. Le village de Montalbano doit avoir le record de sens interdit. Je me demande comment les gens font pour circuler. Nous n’avons pas réussit à ne pas en prendre. Il y en a partout ! Astérix dirait “Ils sont fous ces romains” !!!!

Pour finir, je suis très heureux d’être venu par ici. Beaucoup me disait que l’Europe ce n’est pas l’Afrique ! Que ce serait différent. C’est exact ! J’ai eu du mal à retrouver certains plaisirs vécu en Afrique, mais maintenant j’en ressens en nouveau.

Village de Montalbano

Village de Montalbano

Découverte de l’Italie

•juillet 13, 2007 • Laisser un commentaire

Après un passage compliqué sur la cote Napolitaine et une visite sympathique de Pompéi nous sommes revenus vers le centre de la Campanie. Et nous avons bien fait. C’est à partie de ce moment là que nous avons découvert des Italiens très serviable. Mais il est très compliqué de se faire comprendre avec les deux mots d’Italiens que nous connaissons. En l’absence de panneaux d’indications dans la région de Naples, nous avons du demander régulièrement notre route pour sortir de ce bousier très désagréable. Au résultat, après 40 km, nous n’étions qu’à seulement 20 km de notre point de départ, c’est-à-dire de Pompéi. Les gens dans leurs sympathie, en fait ne répondent pas à la question posée, mais nous donne un itinéraire qui devrait être moins difficile pour nos pauvres jambes. Cela nous fait faire pas mal de détours.

Mais depuis Serino, nous avons la joie de retrouver la montagne et des routes très jolies avec des panoramas à partir de cols situés à plus de 1000 mètres d’altitude.

Village de Piglio

Village de Piglio

Avec la montagne, la mentalité change aussi. Les prix également non pas subit la flambée de la cote. Nous avons été logés dans un monastère pour une nuit à Serino par un prêtre à l’esprit de Don Camillo et également dans un stade dans la petite commune de Conza di Campania. Cette ville même qui fut entièrement détruite par un tremblement de terre en 1980. Notre surprise est venue du fait que dans cette petite ville, une grande partie de la population parle français. Y compris le maire qui nous a donc ouvert le stade pour nous loger une nuit. Ce fut vraiment très sympa. Depuis nous enchainons les cols et nous voilà dans la région du Basilicate. Dans ces régions il est assez marrant de regarder comment fonctionne la vie. Tout d’abord les automobilistes sont plus cools. Ils n’ont pas une main collés sur le Klaxon comme à Rome ou à Naples. Les motos sont plus rares et donc les motards fous quasi inexistant. En revanche, l’art de se garer proprement est inexistant. C’est une anarchie. Et c’est là que ça devient marrant de se poser sur un banc et d’attendre un peu. Quand arrive la police municipale, ces derniers se mettent à siffler dans tous les sens. Alors les automobilistes mal garés sortent des bars, des épiceries et autres pour se diriger lentement vers les voitures et les déplacer tranquillement. Tout cela se fait dans la bonne humeur. Ici, pas de répression, juste des avertissements. De notre coté, l’ambiance dans le groupe est sympa (comme vous pouvez le voir sur les vidéos des que je pourrais les mettre en ligne). Anne à fait une petite chute sans gravités ni bobos en s’emmêlant les sacoches dans les roues de ma remorque.

A part ça, je suis assez content d’avoir pu dormir un peu chez l’habitant alors que certaines personnes m’avaient dit que cela était impossible en Italie. De même que d’avoir rencontré des Italiens qui nous ont offert quelques gâteaux ou une bouteille d’eau. Ce sont toujours des gestes qui font très plaisir, mais que nous rencontrons hélas que très loin des zones touristiques. Je ne m’étale pas sur la visite de Pompéi dont vous pouvez apercevoir un bout sur la vidéo. C’est tout de même un lieu à voir lors d’un passage en Italie. Le site est grandiose, et certaine maisons encore bien conservées. Les personnages momifiés dans leur sommeil par les cendres lors de l’éruption du Vésuve en 27 après JC est assez saisissante…Vraiment à voir !!

Momie de Pompéi

Momie de Pompéi

De Rome à Pompéi

•juillet 7, 2007 • Laisser un commentaire
Nous voilà devant l’antique cité de Pompéi. Cela fait maintenant une semaine que nous avons débarqué a Civitavecchia. Au menu, la visite éclair de Rome, une ballade dans les montagnes avant de redescendre sur les plages du nord de Naples et enfin la traversée de cette dernière pour arriver a cette mythique Cité de Pompéi située au pied du Vésuve que nous visiterons demain.
Le Colisée

Le Colisée

Il y eut quelques endroits sympas à voir. La ville de Bracciano situe sur le lac de même nom est dominée pur un château médiéval gigantesque. Le charmant village de Palestrina, lieu où naquit le Compositeur Italien de la renaissance de même nom fut une étape particulière. En l’absence de camping, il nous fut assez compliqué de trouver un endroit où poser notre tente. Le Presbytère nous ayant refusé de nous prêter un coin de pelouse, ce sont deux policiers municipaux (dont une très jolie) qui nous indiquèrent un emplacement après avoir été cherché auprès du Presbytère la raison du refus. L’emplacement indiqué est très surprenant. La ville organisant un festival de rock, nos amis policiers nous installèrent auprès des organisateurs, pas très loin de la scène. C’était l’ouverture ce jour là du programme. Pour débuter, un concert de rock gothique. J’ai eu un peu peur lorsqu’à 22h30, les guitares ne sonnaient pas encore. C’est finalement à 23h00 que les premiers accords (si je peux les appeler ainsi) commencèrent à faire vibrer les boomers et mes tympans. Heureusement, la fatigue accumulée dans la journée pour sortir de Rome m’aida à m’endormir assez vite.

La fontaine de Trévi

La fontaine de Trévi

Justement, parlons de Rome. Cette ville au symbole de la Louve, celle qui allaita Remus et Romulus suivant la légende m’a presque laissé de marbre à une exception. Au milieu d’un millier de scooters virevoltant en tout sens, la circulation sur les pavés romains est assez compliquée (mais moins que sur les pavés et dalles napolitaines) pour un cycliste. De la place du peuple à la place nationale, du Colisée au Forum Romain, du Capitole au Parthénon, du Vatican au Fort San Angelo en passant par l’église St Pierre des Liens et les escaliers du mont Piété, un seul me pénétra. Celui de la fontaine de Trévi.Pourtant les autres monuments sont beaux, mais la fontaine dégage quelque chose que je ne saurai décrire. Elle m’est apparue au détour d’une ruelle au beau milieu d’une foule rassemblé autour de son bassin. Il y a du monde, de l’effervescence même et pourtant je ne me sens pas oppressé. C’est très étrange…ce n’est pas logique.
Le village de Piglio

Le village de Piglio

Un autre endroit très beau en dehors de Rome, se situe à Piglio. L’ancienne voie ferrée reliant ce dernier à Fiuggi a été aménagé en piste cyclable. A flanc de montagne a une altitude d’environ 750 mètres, elle surplombe toute la vallée. Le panorama est fantastique. Aussi l’envie d’en filmer un bout était indispensable pour vous faire partager ce moment de bonheur que je ne peux garder égoïstement. Pour finir, je dirais que hélas la partie que nous venons de faire est relativement sales, Des tas d’ordures trainent en bordure des routes, Des odeurs pestinantielles me prennent le nez m’obligeant parfois d’avancer en apnée. Je me demande comment cela est possible encore dans un des pays les plus riches d’Europe. Egalement, aux abords de Naples de nombreuses prostitués très jeunes pour certaines attendent aux bords des routes assises sur des chaises blanches en PVC leurs clients. Tandis que des dealers (je suppose) aux valises bleus attendent les leurs avec un mobile collé à l’oreille. L’Italie serait elle une porte d’entrée pour des jeunes prostituées de l’est et pour les dealers ? Ce n’est pas impossible…